vendredi 3 juin 2011

IVRESSE DU BONHEUR

Situation : Ivresse du bonheur

Lieu : A la pointe de l'est de l'Europe, face a la faille transatlantique vu d'en haut et même un peu dedans , pour situer c ici

Arrivée 12h, après m'être fait déposer par Linda sur le bord d'une route perdue, je suis pris en auto stop dans un camping car de Français effrénés qui s'arrête partout 5 minutes...comprend pas moi ça!!!

Ballade de 8h à longer la côte du Snaefelsjokull, glacier en bord de mer au bout de la péninsule la plus a lést de l'Europe.
Kull c volcan en Islandais, il dort , je suis plutôt détendu.
Apres avoir jouer à la plage, la faim au ventre, 10h du soir, encore un beau soleil, je m'arrête au port de Hellna, 10 habitants, une église, .

J'avais repéré une petite cabane de pêcheur au milieu de la journée oú il me semblait possible de trouver du poisson qui bouge encore et de le manger.Je commande une soupette de poisson frais, j'en mange dès que j'en trouve, je pourrais vous faire un comparatif d'une quinzaine de soupe dégustée, jamais mauvaise.
Pour patienter je découvre sur les murs de la cabane des mini cadres dans lesquels sont peints des poissons imaginaires très colorés.




Ceci, je l'apprendrai plus tard, réalisé par la main d'un espagnol de Granada qui s'est installé en Islande 15 ans avant.

On me sert enfin (le temps étant un bon signe de préparation au moment) ce que je considère comme la recordWoman des soupes absorbées dans ma courte vie; finesse du bouillon et de la substance et poissons choisis pour les dieux, tout ceci bien sûr cuit à merveille, c'est à dire très justement...

Le pain servi avec, homemade par le tôlier-cuistot-pècheur , est le plus delicieux jamais entré en contact avec mes papilles.




J'ose : si Jésus était pêcheur, ce serait son pain.



Je rentre doucement à l'hotel, traversant en sens inverse la lave surplombant la mer.

Je m'assois sur la lave, froide, et ne peux m'empêcher d'allumer une cigarette.
Alors au bord de ces falaises, le sourire est monté doucement de ma poitrine pour étirer mes joues et gagner mes yeux jusqu'à les faire briller.
A chaque claquement de vagues immenses sur ces falaises profondes je vois comme la vapeur qui les a figées.


Là, face à la faille transatlantique, pour faire léger, le Groenland dans le dos , à 10mn de marche du lieu que Jules Vernes a choisi pour en faire le départ de son Voyage au centre de la terre, c'est ici donc que j'ai ressenti le monde qui m'entourait et encore l'Ivresse du Bonheur d'y vivre.


Coulant des montagnes surgies de l'eau, voilà quelques millénaires, les langues de feu terrestres se sont doucement répandues.

Ces terres brûlantes n'ont pû que se laisser éteindre au contact de l'océan, si puissant.
Défiant l'apesanteur, la lave conquérante est figées en falaises et lamelles de roches, par les vagues la lêchant de bas en haut, victorieuses; Rien n'est plus fort que l'eau.

L'Islande permet de sentir comment la terre est née, par la rencontre de l'eau et du feu.
En ce lieu, ce jour, je l'ai senti, et en ai compris une infime partie, c'est déjá beaucoup.


Merci la terre